La question mérite d'être posée. En tous cas, il n'est pas rare qu'on me la pose !

Oui, nous vivons de notre métier et nous n'avons pas besoin de faire de petit boulot d'appoint pour boucler les fins de mois ! Il s'agit bien d'un travail à temps complet, très semblable à n'importe quel métier de l'artisanat.

Notre "marché" est effectivement moins vaste que celui d'un plombier ou d'un boulanger par exemple mais cela se compense par le fait que nous sommes beaucoup moins nombreux à nous le partager.

Il n'est pas rare pour un accordeur de faire une vingtaine d'accords par semaine, et tout au long de l'année faire des réparations, ce qui lui permet de gagner sa vie convenablement.

Craignons nous la crise dans notre métier ? La crise... plus que la crise ce sont nos charges qui nous pénalisent, mais c'est la même chose pour tous nos confrères artisans. Notre métier de niche ne souffre pas vraiment de la crise pour peu que l'on ait une gestion saine et réaliste et que l'on maintienne toujours le cap de la qualité et du service.

Ceux qui parmi vous, chers lecteurs, seraient tentés par notre métier, ne vous y méprenez pas : notre métier est très difficile, tant au niveau technique qu'au niveau de la gestion courante, il permet de gagner sa vie convenablement mais pas beaucoup plus, et il faut toujours viser l'excellence pour satisfaire une clientèle toujours plus exigeante. Mais c'est le prix d'un métier où la routine n'existe pas et qui laisse une liberté sans pareil !